La décennie noire Suisse : 20 disparitions de mineurs

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Dans les années 1980, la Suisse a vécu un traumatisme collectif silencieux. En l’espace d’une seule décennie, près de vingt enfants ont disparu sur ce territoire que ses habitants considéraient comme l’un des plus sûrs du monde. Vingt enfants. Vingt familles brutalement plongées dans un cauchemar, une attente insupportable qui, pour beaucoup, n’a jamais pris fin. Des petites filles parties faire du vélo et jamais rentrées. Des enfants qui se rendaient à l’école et n’y sont jamais arrivés. Des vies entières suspendues à une question sans réponse. Quarante ans plus tard, certaines de ces affaires demeurent non résolues, les enquêtes ouvertes, les familles toujours dans l’attente d’une vérité qui tarde à venir. Ces enfants disparus n’ont pas seulement laissé un vide dans leurs familles.

Cet article a pour but de faire connaître ces drames afin qu’ils ne tombent pas dans l’oubli.




DISPARITIONS NON RÉSOLUES



La disparition de Annika Hutter — 18 ans — Le 11 juillet 1981 à Nürensdorf (Zurich)

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Annika Hutter est née en 1963, fille d’Eva Hutter, une Suédoise, et de Josef Hutter, un Suisse. Elle avait une sœur cadette, Corrine, de trois ans sa benjamine. Elle était lycéenne à Nürensdorf, dans le canton de Zurich.

Le 11 juillet 1981, vers 19 heures, Annika quitte son domicile de Nürensdorf à vélomoteur pour rejoindre des camarades de classe à Winterthour, à environ 12 kilomètres, pour une réunion. Elle n’y arrive jamais. Le lendemain, son vélomoteur est retrouvé à 50 mètres de la route, dans un bois à Kemptthal, à mi-chemin entre les deux localités. Les enquêteurs établissent que la machine avait une bougie défectueuse. Annika avait donc dû s’arrêter, coincée sur le bord de la route.

Plusieurs témoins affirment avoir aperçu Annika transportée dans une remorque à vélomoteur, de fabrication artisanale, en bois brun, d’environ 1,40 mètre de haut, un modèle utilisé à l’époque pour transporter des feuilles ou des déchets. Un témoin décrit le conducteur de ce vélomoteur avec la remorque comme un homme de 18 à 24 ans environ, qui se dirigeait depuis Kemptthal vers Dübendorf. Un suspect a été identifié et jugé, mais il a été acquitté faute de preuves suffisantes. L’affaire est classée comme homicide présumé par la police en 2011.

Un ancien détective privé, Kurt Werner, membre de l’association IG Spurlos, a mené pendant des années des recherches parallèles et distribué des milliers de tracts dans la région pour tenter d’obtenir de nouveaux témoignages. En 2010, soit 29 ans après les faits, plus de 40 nouveaux témoignages sont parvenus à l’association suite à une campagne médiatique — sans permettre d’élucider l’affaire. L’affaire a également été diffusée dans l’émission « Aktenzeichen XY ungelöst », l’équivalent de « Témoin n°1 », sans résultat. Annika Hutter n’a jamais été retrouvée. Son corps n’a jamais été localisé. L’affaire reste totalement non résolue à ce jour.



La disparition de Peter Perjesy —14 ans – Le 22 septembre 1981 à Wattwil (Saint-Gall)

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Peter Perjesy était un adolescent de 14 ans et demi, aux cheveux bruns, domicilié à Ulisbach-Wattwil, dans le canton de Saint-Gall. Il était écolier en classe secondaire d’Ulisbach-Wattwil. Le 22 septembre 1981, Peter Perjesy suivit l’entraînement de tennis de table dirigé par son père, dans le bâtiment scolaire Risi à Wattwil. Il quitta la place d’entraînement vers 20h00 et n’est plus réapparu depuis lors. Le vélo, cadenassé, et la veste du garçon ont été abandonnés sous l’abri à bicyclettes situé à la rue du Friedhof à Wattwil. Ce détail est particulièrement troublant : le vélo cadenassé suggère que Peter ne l’a pas utilisé pour partir de lui-même — ou qu’il a été contraint de quitter les lieux sans son vélo. La veste retrouvée sur place renforce le mystère, aucune explication logique n’ayant jamais été apportée.

À la suite des aveux du meurtrier en série Michel Fourniret, la police cantonale bernoise a demandé l’aide d’Interpol à Bruxelles dans les enquêtes menées en Suisse sur des disparitions d’enfants survenues entre 1981 et 1986, dont celle de Peter Perjesy. Fourniret a déjà reconnu avoir tué neuf personnes entre 1987 et 2001, pour la plupart des fillettes et des jeunes femmes. Cependant, les dates de la disparition de Peter (1981) étant antérieures aux crimes reconnus de Fourniret (à partir de 1987), la piste n’a pas abouti pour ce cas précis.

L’affaire reste à ce jour non résolue. Aucune trace de Peter Perjesy n’a jamais été retrouvée depuis cette soirée du 22 septembre 1981. Il aurait aujourd’hui 58 ans. Tout renseignement est à communiquer à la police cantonale de Saint-Gall au 071 229 49 49, ou à la police cantonale bernoise au 031 634 41 11.



La disparition deKaren Schmitz — 16 ans — Le 14 août 1982 au Lac de Zurich (Zurich)

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Karen Schmitz est née en 1966, à Adliswil, dans le canton de Zurich. Elle avait 16 ans au moment de sa disparition. Elle est décrite comme mince, avec des cheveux blonds foncés jusqu’aux épaules. Ce soir-là, elle portait une mini robe noire à pois blancs, un cardigan gris anthracite et des ballerines noires.

Le 14 août 1982, à 23 heures, Karen Schmitz fait ses adieux à une amie au Jugendhaus (maison des jeunes) d’Adliswil. Elle décide de rentrer à pied. Elle n’arrivera jamais à destination. Le lendemain, ses effets personnels sont retrouvés soigneusement pliés dans un sac en plastique au bord du lac de Zurich, entre Wollishofen et Kilchberg : ses vêtements, son porte-monnaie avec de l’argent liquide — et son haut de bikini blanc, manquant. Ce dernier détail est particulièrement troublant : pourquoi aurait-elle apporté un haut de bikini lors d’une soirée au Jugendhaus, et pourquoi seul ce vêtement a-t-il disparu ?

La police conclut à un homicide présumé. La disposition soigneuse des affaires suggère l’intervention d’un tiers. Karen Schmitz n’a jamais été retrouvée. Ni son corps ni son meurtrier présumé n’ont jamais été identifiés. L’affaire reste totalement non résolue.



La disparition de Loredana Mancini — 7 ans — Le 14 avril 1983 à Spreitenbach (Argovie)

Loredana Mancini était une fillette de 7 ans, d’origine italienne, vivant à Spreitenbach, dans le canton d’Argovie, commune industrielle de la banlieue zurichoise. Elle disparaît alors qu’elle attendait son bus.

Le 14 avril 1983, Loredana Mancini disparaît à Spreitenbach. Nous n’avons pas trouvé de source sur les détails précis de cette affaire ( heure de la disparition, dernière personne à l’avoir vue, éléments retrouvés sur place). Son squelette a été découvert des mois plus tard dans la forêt de Rümlang mais est encore non résolu.



La disparition dePeter Roth – 7 ans – Le 12 mai 1984 à Mogelsberg (Saint-Gall)

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Peter Roth est né le 7 novembre 1976. Il avait 7 ans et demi au moment de sa disparition. Il était de type caucasien, avec des cheveux bruns bouclés et des yeux brun-gris. Il était élève en deuxième classe primaire ( l’équivalent du CE1) à l’école de Nassen, dans le canton de Saint-Gall. Le 12 mai 1984, vers 12h00, Peter Roth rentrait de l’école à Nassen pour regagner le domicile de ses parents à Weiler Aachmüli, dans la commune de Mogelsberg. Il a été vu pour la dernière fois près de l’épicerie Winteler, où il a acheté des chips pour lui et un camarade de classe. L’emballage vide des chips a été retrouvé près d’une grange située sur le chemin d’école, à environ 300 mètres de la maison de ses parents. Depuis lors, plus aucune trace de Peter Roth n’a été retrouvée. Il avait partagé ses chips avec un camarade. Et puis, plus rien. Le sachet vide retrouvé près de la grange reste le dernier signe de sa présence en ce monde.

À la suite des aveux du meurtrier en série Michel Fourniret, la police cantonale bernoise a transmis à Interpol les dossiers de cinq enfants disparus en Suisse entre 1981 et 1986, dont celui de Peter Roth, afin d’obtenir d’éventuels indices sur leur sort. Cependant, comme pour Peter Perjesy, la piste Fourniret n’a pas abouti pour ce cas précis, les dates de ses crimes reconnus étant postérieures à 1987.

L’affaire Peter Roth reste à ce jour totalement non résolue. Il aurait aujourd’hui 48 ans. Une récompense de 10 000 francs suisses est offerte pour tout indice permettant d’éclaircir cette affaire. Tout renseignement est à communiquer à la police cantonale de Saint-Gall au 071 229 49 49, ou à la police cantonale bernoise au 031 634 41 11.



La disparition de Joachim Bruckauf — 17 ans — Le 23 octobre 1984 à Tengen-Blumenfeld (Allemagne/frontière suisse)

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Joachim Bruckauf provenait d’un milieu familial difficile et avait déménagé chez ses grands-parents à Blumenfeld en 1977. Il avait 17 ans au moment de sa disparition — il aurait fêté ses 18 ans un mois plus tard, le 23 novembre 1984. Il vivait donc chez sa grand-mère à Tengen-Blumenfeld, faisait un apprentissage de maçon tout en suivant une école professionnelle, et était décrit comme confiant, populaire et ambitieux, avec des projets d’études. Il était surnommé « Rocky », mesurait environ 180 cm, était mince, avec des cheveux longs et ondulés foncés, des yeux marron et une veste en cuir noir. Un tatouage en forme de cœur ornait son avant-bras gauche.

Le 23 octobre 1984, Joachim rentre de son école à Singen vers 14 heures. Vers 15 heures, il se rend à pied de Blumenfeld à Tengen pour jouer au billard à l’auberge « Adler ». Il y joue jusqu’à environ 19 heures, puis rentre brièvement chez sa grand-mère. Vers 20 heures, il prend congé d’elle pour aller jouer une nouvelle fois au billard et éventuellement rendre visite à son grand-père hospitalisé à Singen. Il ne reviendra jamais. Sa grand-mère est la dernière personne à l’avoir vu, à la sortie du village de Blumenfeld. Il souhaitait faire du stop pour rejoindre Singen, où il n’est jamais arrivé.

Plusieurs pistes ont été explorées sans résultat : une dispute avec sa mère à Berlin quelques jours avant sa disparition, une possible peine de cœur. La question se posait de savoir si Joachim avait fugué ou s’il avait été victime d’un crime. L’affaire a été diffusée dans l’émission « Aktenzeichen XY ungelöst Spezial : Wo ist mein Kind ? » sur ZDF le 5 juin 2013, sans résultat probant.

En juillet 2018, deux lettres anonymes parviennent simultanément au commissariat de Singen et à la présidence de la police de Constance. Leur auteur accuse Roland Kübler — déjà condamné à perpétuité pour trois meurtres en Suisse — d’avoir commis un quatrième crime en 1984 : il aurait pris Joachim en stop alors qu’il faisait de l’auto-stop entre Tengen et Singen, l’aurait tué, et aurait dissimulé son corps dans une forêt du canton de Schaffhouse. Les enquêteurs estiment que l’auteur anonyme des lettres avait probablement visionné sur YouTube un épisode d’Aktenzeichen XY consacré à Joachim Bruckauf, et qu’il ignorait vraisemblablement que Roland Kübler était déjà décédé en prison en mai 2017. En effet, Roland Kübler étant décédé en mai 2017 en prison, il est impossible de le questionner sur cette accusation. Les autorités policières et judiciaires de Constance ont publiquement demandé à l’auteur des lettres anonymes de se manifester, afin de permettre d’éventuellement élucider ce crime présumé de 1984. Cette démarche n’a pas abouti à ce jour.

Joachim Bruckauf reste officiellement porté disparu à ce jour. Son corps n’a jamais été retrouvé. L’accusation portée contre Roland Kübler n’a jamais pu être vérifiée ni infirmée. Il aurait aujourd’hui environ 58 ans.



La disparition de Sylvie Bovet — 12 ans – Le 23 mai 1985 à Bevaix (Neuchâtel)

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Sylvie Bovet est née le 1er mai 1973. Elle avait 12 ans au moment de sa disparition. Elle était de nationalité suisse, avec des cheveux bruns et des yeux bruns. Son apparence était tout à fait normale, mais elle souffrait d’un handicap mental avec des absences, ainsi que d’épilepsie, conséquences d’une intervention médicale antérieure. En raison de ces difficultés, elle vivait dans un foyer spécialisé, « La Rouveraie », situé dans la commune de Bevaix, dans le canton de Neuchâtel. Le 23 mai 1985, vers 19 heures, Sylvie Bovet se trouvait ce foyer, commune de Bevaix. Elle était partie en promenade en forêt avec une éducatrice et une autre fillette. Lors du retour, Sylvie a légèrement pris de l’avance sur le groupe, marchant environ 30 mètres devant son éducatrice et l’autre enfant. Dans une courbe non loin du foyer où elle habitait, elle a disparu de la vue de son éducatrice, qui a pensé qu’elle rentrait seule. Mais Sylvie n’est jamais arrivée au foyer. Depuis lors, aucune trace de Sylvie n’a jamais été retrouvée, malgré d’intenses recherches. Sylvie était à quelques dizaines de mètres seulement du foyer où elle vivait. Vulnérable en raison de son handicap, elle était dans un espace familier, encadrée par un adulte et pourtant, en l’espace de quelques secondes dans une courbe, elle a disparu à jamais.

L’affaire du tueur en série français Michel Fourniret a rebondi en Suisse, jusque dans le canton de Neuchâtel. La police cantonale bernoise a adressé une demande d’entraide à Interpol à Bruxelles, espérant obtenir des informations sur cinq disparitions d’enfants survenues en Suisse entre 1981 et 1986, parmi lesquelles celle de Sylvie Bovet. Fourniret avait reconnu neuf meurtres, dont sept commis sur des fillettes ou des jeunes femmes. Cependant, les dates de ses crimes reconnus (à partir de 1987) sont postérieures à la disparition de Sylvie, ce qui rend le lien difficile à établir formellement.

Le porte-parole de la police neuchâteloise, Georges-André Lozouet, a assuré que le dossier de la disparition de Sylvie Bovet reste toujours ouvert. Lui-même a participé à des investigations liées à cette affaire jusqu’aux États-Unis, en 2008. Cette mention des États-Unis est intrigante mais aucun détail supplémentaire n’a été rendu public sur la nature de ces investigations transatlantiques. L’affaire Sylvie Bovet reste à ce jour totalement non résolue. Elle aurait aujourd’hui 52 ans. Pour tout renseignement, contacter la police cantonale de Neuchâtel au 032 888 90 00, ou la police cantonale bernoise au 031 634 41 11.



La disparition deSarah Oberson – 5 ans – Le 28 septembre 1985 à Saxon (Valais)

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Sarah Oberson est née le 13 décembre 1979. Elle avait 5 ans et demi au moment de sa disparition. Elle vivait avec sa famille dans le village de Saxon, en Valais. C’est l’un des cold cases les plus marquants de Suisse. Le 28 septembre 1985, à 17h30, Sarah quitte le domicile familial de Saxon pour se rendre chez sa grand-mère. Elle n’arrivera jamais à destination. Elle a été vue pour la dernière fois dans la cour d’école de Saxon, entre 17h30 et 18h30, où son vélo a été retrouvé. Son petit vélo est retrouvé au pied de l’escalier de la salle de gymnastique et deux écoliers racontent l’avoir aperçue dans la cour d’école.

Dès le lendemain de sa disparition, une opération de recherche d’une ampleur sans précédent a été lancée. Un poste de commandement a été installé à Saxon pour coordonner les actions mobilisant la police cantonale, l’armée et de nombreux bénévoles. Quelque 200 000 affichettes et autocollants ont été distribués à travers le pays et même à l’étranger. Le village de Saxon a été minutieusement fouillé, chaque maison inspectée et la population interrogée. Bernard Comby, ex-conseiller national et premier président de la Fondation Sarah Oberson, se souvient : « Il y a eu un élan de solidarité formidable. Tout a été fouillé, les maisons, les granges. Même l’armée est venue. »

Les parents de Sarah ont du faire face à des fausses pistes et des espoirs déçus. Un téléspectateur bouleversé de l’émission « Au nom de l’Amour » de Pierre Bellemare assurait à la maman avoir vu Sarah au camping du bois de Boulogne à Paris. Une concierge prétendait avoir aperçu la petite à Vienne, en novembre de la même année, en compagnie d’un couple élégant. À chaque fois, les Oberson ont cru, à chaque fois, ils ont été déçus.

En automne 1998, la Fondation Sarah Oberson (FSO) a été créée, née du mouvement de solidarité apparu dès 1985. Sa mission est de venir en aide aux familles touchées par des disparitions d’enfants ou d’adolescents. La fondation a également lancé des ateliers dans les écoles valaisannes pour sensibiliser les enfants à leurs droits, en collaboration avec le Service de l’enseignement Suisse.

Comme pour les autres disparitions de cette période, la police cantonale bernoise a transmis le dossier à Interpol à la suite des aveux de Michel Fourniret. La piste n’a cependant jamais abouti de manière formelle.

Quarante ans après les faits, l’enquête reste ouverte. Le dossier, composé d’une trentaine de classeurs, est conservé par la police judiciaire du Bas-Valais. Bien que l’affaire soit prescrite, elle ne sera jamais classée. Chaque année, de nouveaux signalements sont vérifiés par les enquêteurs valaisans. Sarah Oberson aurait aujourd’hui 45 ans. Son avis de disparition est toujours visible sur le site de la police cantonale valaisanne. Pour tout renseignement, contacter la police cantonale valaisanne.



La disparition d’Edith Trittenbass – 8 ans — Le 3 mai 1986 à Gass-Wetzikon (Thurgovie)

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Edith Trittenbass est née le 18 décembre 1977. Elle avait 8 ans au moment de sa disparition. Elle était blonde, et vivait avec sa famille dans une ferme du hameau de Gass, dans la commune de Wetzikon, canton de Thurgovie. C’est une enfant de la campagne suisse, élevée dans un environnement rural et paisible. Le 3 mai 1986, à 8 heures du matin, Edith quitte la ferme familiale, son cartable rouge en cuir sur le dos, pour se rendre à pied à l’école primaire de Wolfikon, située à un kilomètre de chez elle. Une voisine est la dernière à l’avoir vue, peu après 8 heures, marchant en direction de l’école. Edith n’est jamais arrivée en classe. Elle a disparu en chemin, sans qu’aucun témoin supplémentaire ni aucun indice matériel ne permettent d’expliquer ce qui s’est passé.

Dès la disparition signalée, les recherches sont lancées immédiatement : plus de 100 policiers et bénévoles ont ratissé la région. Un hélicoptère a survolé le village et ses alentours. Des affiches avec la photo et le signalement d’Edith ont été placardées dans toute la région. L’affaire a été diffusée dans l’émission télévisée allemande « Aktenzeichen XY ungelöst »(l’équivalent de « Témoin n°1 »), très suivie en Suisse alémanique. Une récompense de 15 000 francs a été offerte, portée ultérieurement à 20 000francs. Des recherches ont été menées sur une surface d’environ 70 kilomètres carrés. Malgré tout, aucun résultat.

Deux noms ont émergé au fil de l’enquête.

Le premier est Werner Ferrari, délinquant sexuel connu, qui avait étranglé un garçon de 10 ans en 1971, avait été libéré en 1979, et était en liberté au moment de la disparition d’Edith. Il a été interrogé par la police, a fourni un alibi (jugé incertain par certains enquêteurs) et a été relâché. Les investigations approfondies à son encontre n’ont pas été poursuivies à l’époque. Il se trouve actuellement toujours en détention.

Le second est R. Osterwalder, un homme qui avait grandi dans un village voisin, et qui a été arrêté bien plus tard après avoir été impliqué dans des abus sur un nourrisson à Hambourg. Des enquêteurs privés et des observateurs ont relevé qu’un rapport d’une agence de détectives privés mentionnait Osterwalder, qui leur avait lui-même confié un mandat à l’époque. Sa présence dans la région le jour de la disparition n’a cependant jamais pu être formellement établie.

En 2018, le père d’Edith est décédé. Une personne disparue étant en principe héritière, cela posait un problème juridique pour le reste de la famille. Les autorités ont alors publié le testament en informant Edith (dont le lieu de séjour n’a pu être déterminé) par voie officielle. Aucun signe de vie n’étant parvenu dans l’année qui a suivi, le tribunal de district de Frauenfeld a officiellement déclaré Edith « disparue » en 2019, lui conférant un statut juridique permettant à sa famille de faire valoir des droits successoraux. Ce statut, comme l’a souligné un juriste, pose une hypothèse légale car il ne répond pas à la question de ce qui s’est passé. Le dernier signalement vérifié par la police date du début de l’année 2017, sans résultat.

Edith Trittenbass aurait aujourd’hui 47 ans. Déclarée officiellement disparue depuis 2019, son affaire pénale reste techniquement ouverte. Pour tout renseignement, contacter la police cantonale de Thurgovie : tél. 052 728 28 28, ou à la police cantonale bernoise, tél. 031 634 41 11.





LES MEURTRES NON RÉSOLUS




Le meurtre de Ruth Steinmann – 12 ans – le 16 mai 1980 à Würenlos

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Le 16 mai 1980, Ruth Steinmann a douze ans et fait un trajet à vélo sur le Tägerhardweg de Wettingen à Würenlos après 17 heures. La forêt était très dense, un chemin de piétinement étroit menait à un lieu de capture de balles d’un centre de tir. C’est là que l’acte criminel a été commis. Les parents savaient que leur fille faisait le trajet sur son vélo et eux, l’ont suivi une demi-heure plus tard en voiture sur la route cantonale. Ruth aurait dû être à la maison avant eux, mais elle n’était pas là. Ruth était une fille consciencieuse – être en retard d’une demi-heure n’était pas son genre. Les parents se sont immédiatement séparés à la recherche. La mère a remarqué un cyclomoteur avec le numéro «AG 80» à l’endroit où se trouve aujourd’hui une croix commémorative . Lorsque le père est passé plus tard à cet endroit, il a vu à environ 30 mètres de distance un cyclomoteur qui a tourné à sa vue et s’est éloigné. Lorsque Felix Steinmann a vu la photo de Ferrari neuf ans plus tard, il était sûr que c’était le conducteur de cyclomoteur du « Chefihau ». Le père de Ruth fait le chemin inverse sur le chemin qu’a emprunté sa fille. À mi-distance, il aperçut le vélo de Ruth, et son enfant mort, presque nu, recouvert d’un vieux tapis. Ruth avait été étouffée par une chaussette dans la bouche. L’auteur lui avait infligé des blessures à différents endroits de son corps.

En 1995, Werner Ferrari est condamné pour cinq meurtres d’enfants, dont celui de Ruth Steinmann — un crime qu’il a pourtant toujours nié, contrairement aux quatre autres qu’il avait avoués. Des années plus tard, le journaliste Peter Holenstein révèle l’existence d’un autre suspect : un infirmier sosie de Ferrari, suicidé en 1983, inconnu des juges lors du premier procès. En 2003, un procès en révision est ordonné. Le corps de l’infirmier est exhumé, mais les analyses ADN d’un poil pubien retrouvé sur le corps de la fillette n’appartiennent ni à Ferrari ni à cet homme. Le 11 avril 2007, Ferrari est acquitté pour ce seul meurtre, le doute devant lui profiter — sans que le véritable auteur n’ait jamais été identifié.



Le meurtre de Claudia Schwarz – 10 ans – Le 15 avril 1981 à Saint Gall

Claudia Schwarz était une fillette de 10 ans, résidant à Saint-Gall (SG), dans le nord-est de la Suisse. Le 15 avril 1981, Claudia Schwarz disparaît alors qu’elle rentre chez elle depuis un terrain de jeux à Saint-Gall. Elle est sur le chemin du retour lorsqu’elle s’évanouit dans la nature. Son corps est retrouvé onze jours plus tard, le 26 avril 1981, dans une forêt des environs.

Un suspect, Kurt Menzi, est arrêté et jugé pour ce meurtre. En 1985, soit quatre ans après les faits, il est condamné pour l’assassinat de Claudia Schwarz. Cependant, comme dans l’affaire Ruth Steinmann, la décision judiciaire va connaître un retournement : le Tribunal fédéral suisse (la plus haute instance judiciaire du pays) a par la suite acquitté Kurt Menzi, faute de preuves suffisantes pour le condamner de manière certaine. L’acquittement de Kurt Menzi par le Tribunal fédéral laisse le meurtre de Claudia Schwarz officiellement non résolu. Le véritable auteur du crime n’a jamais été identifié ni condamné.



Le meurtre de Rebecca Bieri — 8 ans — disparue le 20 mars 1982 à Gettnau (Lucerne)

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Rebecca Bieri avait 8 ans au moment de sa disparition. Elle vivait à Gettnau, dans le canton de Lucerne, une petite commune rurale.

Le 20 mars 1982, Rebecca Bieri disparaît alors qu’elle rentre de l’école à pied, en direction de son domicile. Le lendemain, des éléments troublants sont retrouvés dans un lit de ruisseau à Rohr (Argovie) : son cartable scolaire et ses vêtements, abandonnés là, à plusieurs kilomètres de son domicile. Un Mercedes blanc immatriculé dans le canton de Zurich avait été observé dans la zone au moment des faits, sans que le véhicule ni son conducteur ne soient jamais formellement identifiés.

Plusieurs mois s’écoulent sans nouvelle. Puis, le 15 août 1982, soit cinq mois après sa disparition, le corps de Rebecca Bieri est retrouvé à Niederbipp, dans le canton de Berne, à une distance considérable de son lieu de disparition, ce qui indique qu’elle avait vraisemblablement été déplacée. L’affaire Rebecca Bieri reste à ce jour non élucidée. Aucun coupable n’a jamais été identifié ni condamné pour son enlèvement et son meurtre.



Le double meurtre de la Grotte de Cristal — 31 juillet 1982- Brigitte Meier (17 ans) et Karin Gattiker (15 ans)

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Cette affaire est considérée comme l’un des crimes non résolus les plus complexes et les plus marquants de l’histoire criminelle suisse. Elle est connue sous le nom de « Meurtre de la Grotte de Cristal » (Kristallhöhle Kobelwald), du nom du lieu touristique proche de la vallée du Rhin saint-gallois où les corps ont été retrouvés.

Brigitte Meier, 17 ans, et Karin Gattiker, 15 ans, étaient deux amies vivant dans le village de Goldach, dans le canton de Saint-Gall. Elles se connaissaient bien et partageaient le goût de l’aventure et du vélo.

Le 29 juillet 1982, les deux adolescentes quittent Goldach à vélo pour une excursion de trois jours en Appenzell. Elles s’arrêtent en chemin pour déjeuner chez la grand-mère de Karin à Herisau. C’est lors de cette pause qu’elles mentionnent un détail troublant : sur le chemin, un inconnu leur a demandé de prendre une photo d’elles avec l’appareil photo de Brigitte. Cette photo sera la dernière jamais prise d’elles. Après le déjeuner, elles continuent leur route à vélo vers Schwende, où elles passent les nuits du 29 et du 30 juillet dans une auberge de jeunesse. Le lendemain, elles sont aperçues près de la rivière Sitter, où elles font une pause pour cuisiner et laver du linge. Le 31 juillet 1982, elles prennent le chemin du retour. Elles sont vues pour la dernière fois vivantes à un carrefour près de Kobelwald (Saint-Gall), non loin de la célèbre Grotte de Cristal, une attraction touristique de la région.

Le soir même du 31 juillet, les deux jeunes femmes sont portées disparues. 150 policiers, pompiers et volontaires ratissent immédiatement la forêt autour de la Grotte de Cristal. Un hélicoptère de l’armée survole la zone. Les recherches restent vaines. Ce n’est que le 2 octobre 1982, soit deux mois après leur disparition, que leurs corps sont découverts sur un flanc de colline escarpé, en contrebas de la Grotte de Cristal. Les enquêteurs établissent qu’elles avaient vraisemblablement été tuées très peu de temps après leur disparition, le 31 juillet.

L’affaire a occupé les enquêteurs, journalistes et détectives amateurs pendant plus de quarante ans. Plusieurs pistes ont été explorées sans jamais aboutir à une condamnation :

  • L’inconnu qui avait photographié les filles à Herisau reste non identifié — une piste centrale que les enquêteurs ont cherché à exploiter.
  • Des suspects ont été interrogés au fil des années, mais aucun n’a pu être formellement mis en cause faute de preuves suffisantes.
  • L’affaire a été diffusée dans l’émission « Aktenzeichen XY ungelöst », sans résultat probant.

Quarante ans après les faits, le double meurtre de la Grotte de Cristal reste totalement non élucidé. Il est décrit par la NZZ comme « l’un des plus grands cold cases de Suisse » — une affaire connue de presque tous les Suisses, et sur laquelle des enquêteurs amateurs, des journalistes et des auteurs de romans policiers continuent de travailler.





Meurtres d’enfants résolues



Le meurtre de Fabrice Barbey – 5 ans – Janvier 1980 à La-Chaux-De-Fonds

Fabrice Barbey, 5 ans, est étranglé à La Chaux-de-Fonds par un délinquant sexuel récidiviste. La police arrête l’auteur peu après les faits.



Beate Bauer — 12 ans — disparue le 4 août 1982 (ou 14 août selon certaines sources)à Grenzach-Wyhlen

Beate Bauer était une écolière de 12 ans, originaire de Bâle, qui vivait dans la commune frontalière allemande de Grenzach-Wyhlen, située à la frontière germano-suisse, dans le Bade-Wurtemberg.

Le 4 août 1982, Beate Bauer disparaît alors qu’elle part faire une promenade à vélo avec son nouveau vélo, un cadeau récent dont elle était particulièrement fière. Elle ne reviendra jamais.

Le 17 août 1982, soit 13 jours après sa disparition, le corps de Beate Bauer est retrouvé dans un champ de maïs à Rheinfelden, une ville située à la frontière entre la Suisse et l’Allemagne, dans le canton d’Argovie côté suisse et le Bade-Wurtemberg côté allemand. Elle avait été abusée sexuellement avant d’être tuée. Contrairement à la grande majorité des affaires de cette période, l’affaire Beate Bauer a été résolue. Un homme de 20 ans a été identifié et confondu comme l’auteur du crime. Les sources ne précisent pas son nom ni les détails de la procédure judiciaire, mais sa culpabilité a été établie.



Stefan Brütsch — 14 ans — tué le 30 septembre 1982 à Büttenhardt (Schaffhouse)

Stefan Brütsch avait 14 ans et résidait à Büttenhardt, dans le canton de Schaffhouse. Le 30 septembre 1982 Stefan Brütsch est attaqué dans le Freudental, un bois près de Büttenhardt, alors qu’il rentre chez lui à vélo depuis l’école. Il est agressé sexuellement puis étranglé. Son père, inquiet de ne pas le voir rentrer, prend la route et retrouve son fils dans les buissons au bord du chemin, à demi dévêtu et mort.

Le crime resta longtemps non élucidé, jusqu’à ce que le coupable Roland Kübler tue de nouveau des années plus tard. Né en 1958 à Schaffhouse, il travaillait comme infirmier dans un centre psychiatrique. Selon ses propres déclarations, il était dès la jeunesse hanté par des fantasmes sexuels centrés sur des garçons en période de puberté. Le meurtre de Stefan Brütsch en 1982 constitue son premier crime connu.



Vincent Puippe — 16 ans — assassiné en mars 1987 à Orsières (Valais)

Vincent Puippe était un adolescent de 16 ans, vivant en Valais. Il est décrit comme un jeune homme robuste, souriant et sociable.

Un soir de mars 1987, Vincent venait de passer la soirée dans un pub, à Martigny, avec des amis. On l’a vu faire du stop pour rentrer. Le 14 mars 1987, le corps du jeune Vincent Puippe, 16 ans, est retrouvé calciné, non loin d’Orsières, en Valais. L’autopsie révèle que l’adolescent a été battu, bâillonné, déshabillé et sodomisé. Il est possible que ce soit le feu qui ait entraîné la mort. Un supplice. L’enquête a établie la culpabilité de Michel Peiry qui a été condamné.



Dario Cicolecchia — 13 ans — tué le 4 août 1993 à Neuparadies (Thurgovie)

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Dario Cicolecchia est né le 9 novembre 1979. Il avait 13 ans au moment de sa mort. D’origine italo-suisse, il vivait à Neuparadies, un hameau bucolique de la commune de Schlatt, dans le canton de Thurgovie, situé près de la frontière allemande, entre le Rhin et le vignoble zurichois.

Le 4 août 1993, à 17 heures, Dario quitte son domicile à vélo pour aller pêcher au Mühlibach, un ruisseau situé à quelques centaines de mètres de sa maison. Il ne reviendra jamais.

Le corps de Dario est retrouvé dans ce champ de maïs à Dörflingen. L’autopsie révèle qu’il a été noyé — la présence de diatomées (micro-organismes unicellulaires vivant dans l’eau) dans ses poumons confirme la noyade. Les enquêteurs prélèvent des échantillons dans les ruisseaux environnants et parviennent à faire correspondre les diatomées trouvées dans les poumons de Dario avec celles du Mühlibach — localisant ainsi précisément le lieu du meurtre.

Les premières pistes mènent vers un certain Erich Schlatter, homme connu dans la région pour ses comportements dérangeants, dont la caravane était garée près du lieu où le corps avait été retrouvé. Il est arrêté, placé en détention provisoire, et interrogé longuement — sans qu’aucune preuve ne permette de le retenir. Il est finalement relâché, faute de preuves. Il n’a jamais reçu d’excuses officielles pour cette détention injustifiée, les autorités zurichoises et schaffhouseoises ne parvenant pas à s’entendre sur qui devait les formuler.

Quatre mois après le meurtre, en octobre 1993, Roland Kübler est arrêté en France dans la région de  Normandie après avoir attaqué et grièvement blessé un auto-stoppeur de 21 ans avec un couteau. Extradé vers la Suisse, il avoue rapidement le meurtre de Dario Cicolecchia, puis celui de Stefan Brütsch, commis onze ans plus tôt en 1982.

Résolution du meurtre : Roland Kübler, alors âgé de 35 ans, l’attend en embuscade près du ruisseau. Il le plonge dans l’eau et le noie après l’avoir agressé sexuellement. Il charge ensuite le corps dans le coffre de sa voiture et roule jusqu’à Dörflingen, dans le canton de Schaffhouse, où il commet de nouvelles atrocités sur le cadavre avant de le mutiler avec un couteau de poche et d’en disperser les restes dans le champ de maïs.

Les diatomées retrouvées dans le coffre de la voiture de Kübler correspondent exactement à celles du Mühlibach et à celles présentes dans les poumons de Dario. C’est cette correspondance microscopique qui permet de relier de manière irréfutable Kübler, sa voiture, la victime et le lieu du crime. Cette affaire est devenue un cas d’école en médecine légale, au point d’être relatée dans l’émission américaine Forensic Files (saison 2, épisode 12, diffusé le 18 décembre 1997, intitulé « Micro-Clues »).

Roland Kübler est condamné à la réclusion à perpétuité assortie d’une mesure de sûreté (internement), les experts le déclarant non traitable et dangereux pour la société. En 2008, depuis sa cellule de la prison de Pöschwies, il viole et tue un codétenu de 21 ans. Le Tribunal cantonal de Zurich le condamne une nouvelle fois à la réclusion à perpétuité.

Roland Kübler décède en 2017 à la prison de Lenzbourg, des suites d’une hépatite C, sans avoir jamais montré le moindre signe de remords.





LES CRIMINELS



Les victimes de Werner Ferrari

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Werner Ferrari, né en 1946, mort en décembre 2025, était un tueur en série pédophile qui a sévi entre 1971 et 1989, se déplaçant de canton en canton. Son mode opératoire : il repérait des enfants de 7 à 12 ans lors de fêtes villageoises ou sur le chemin de l’école, les enlevait, les violait et les étranglait.

Victimes confirmées ou suspectées :

  • Daniel Suter — août 1971, Reinach (Bâle-Campagne), 10 ans. Première victime de Ferrari, abusé sexuellement et étranglé lors d’une fête de village.
  • Benjamin Egli — 27 octobre 1983Bassersdorf (Zurich), 10 ans. Ferrari lui propose de le ramener chez lui en voiture, l’emmène dans un bois et l’étrangle. Crime avoué.
  • Une fillette de 7 ans — 1985, canton non précisé. Crime avoué par Ferrari.
  • Fabienne Imhof — 26 août 1989Hägendorf (Soleure), retrouvée morte à la lisière d’un bois le lendemain d’une fête villageoise. C’est ce meurtre qui permet l’arrestation de Ferrari le 30 août 1989.
  • Christian Widmer — octobre 1987, le petit garçon avait 10 ans au moment du meurtre.

Entre 1980 et 1987, dix enfants sont portés disparus ou retrouvés morts dans plusieurs cantons suisses, dont une part est attribuée à Ferrari sans preuve formelle dans tous les cas.



Les victimes de Michel Peiry — « le sadique de Romont »

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Michel Peiry, né en 1959 à Neuchâtel, est considéré comme le pire tueur en série connu en Suisse depuis la Seconde Guerre mondiale. Son mode opératoire : prendre de jeunes adolescents en auto-stop, les attacher, les violer, les tuer et brûler leur cadavre. Il a sévi entre 1981 et 1987 en Suisse et à l’étranger.

Victimes connues en Suisse ou en lien avec la Suisse :

  • Sylvestre — 1er septembre 1981, Miami (États-Unis), jeune Canadien. Première victime, tué à coups de marteau.
  • Frédéric — 4 février 1984, région d’Annecy (France).
  • Anne-Laure (ou Anne-Fleur) — juin 1985, Saintes-Maries-de-la-Mer (France), seule victime féminine.
  • Cédric Antille — 7 mai 1986, Albinen (Valais, Suisse), première victime suisse. Corps calciné retrouvé dans une région isolée.
  • Fabio V. — Dans la nuit du 14 au 15 août 1986, canton du Tessin.
  • Yves Ath — novembre 1986, région de La Chaux-de-Fonds — victime de sévices sexuels et tentative d’homicide, survécut.
  • Un jeune Français — 16 avril 1987, région de Côme (Italie).
  • Thomas — 24 avril 1987, Lausanne, 16 ans — dernier survivant, son témoignage contribua à l’arrestation de Peiry le 1er mai 1987.


Les condamnations de Roland Kübler :

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  • Premier crime — 30 septembre 1982 : meurtre de Stefan Brütsch : Roland Kübler attaque à vélo Stefan Brütsch, 14 ans, dans le bois du Freudental à Büttenhardt (Schaffhouse). Il l’agresse sexuellement, le frappe avec un tube métallique et l’étrangle. Il est condamné pour ce crime lors de son procès en 1996.
  • Deuxième crime — 4 août 1993 : meurtre de Dario Cicolecchia : Il noie Dario Cicolecchia, 13 ans, dans le Mühlibach à Neuparadies (Thurgovie), après l’avoir agressé sexuellement. Il transporte ensuite le corps dans le coffre de sa voiture, le mutile et en disperse les restes dans un champ de maïs à Dörflingen (Schaffhouse). Condamné lors du même procès en 1996.
  • Condamnation de 1996 : En novembre 1996, le tribunal de Schaffhouse le condamne à la réclusion à perpétuité assortie d’une mesure d’internement pour ses deux crimes, les experts le déclarant non traitable et dangereux pour la société de manière permanente.
  • Troisième crime — octobre 2008 : meurtre d’un codétenu : Depuis sa cellule de la prison de Pöschwies (Zurich), Kübler viole et tue un codétenu de 21 ans. Le Tribunal cantonal de Zurich le condamne en 2009 à une nouvelle peine de réclusion à perpétuité, confirmée en appel par le Tribunal cantonal zurichois en 2018.

Roland Kübler est mort en prison à Lenzbourg en mai 2017, des suites d’une hépatite C, sans avoir jamais exprimé de remords.



Tableau récapitulatif de certaines affaires :

DateNomÂgeLieuStatut
16 mai 1980Ruth Steinmann12 ansWürenlos (AG)Meurtre — auteur inconnu
15 avril 1981Claudia Schwarz10 ansSaint-Gall (SG)Meurtre — auteur inconnu
11 juillet 1981Annika Hutter18 ansNürensdorf (ZH)Disparue — jamais retrouvée
22 septembre 1981Peter Perjesy14 ansWattwil (SG)Disparu — jamais retrouvé
20 mars 1982Rebecca Bieri8 ansGettnau (LU)Meurtre — corps retrouvé 15/08/1982
31 juillet 1982Brigitte Meier & Karin Gattiker17 et 15 ansGoldach (SG)Double meurtre — auteurs inconnus
4 août 1982Beate Bauer12 ansGrenzach-Wyhlen/RheinfeldenMeurtre — auteur condamné
14 août 1982Karen Schmitz16 ansAdliswil (ZH)Disparue — jamais retrouvée
14 avril 1983Loredana Mancini7 ansSpreitenbach (AG)Statut non confirmé
12 mai 1984Peter Roth7 ansMogelsberg (SG)Disparu — jamais retrouvé
23 mai 1985Sylvie Bovet12 ansBevaix (NE)Disparue — jamais retrouvée
28 septembre 1985Sarah Oberson5 ansSaxon (VS)Disparue — jamais retrouvée
3 mai 1986Edith Trittenbass8 ansGass-Wetzikon (TG)Disparue — jamais retrouvée

Source 1
Source 2
Source 3





 

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