KARINE TRAPP : encore une procédure abusive contre sa famille

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Avant de lire l’article d’Isa T. sur la dernière procédure illégale contre Karine et ses fils, nous vous présentons un résumé de l’enfer qu’elle a vécue, rythmée par de très nombreuses décisions de justice et par plusieurs grèves de la faim. Pendant des années, elle a subi un acharnement judiciaire implacable qui a transformé sa vie en un véritable calvaire, la broyant dans les rouages d’un système qui aurait dû la protéger mais qui a lentement détruit ce qu’elle avait de plus précieux : ses deux fils.


Karine Trapp est une mère de famille nîmoise, née en 1985, dont le combat pour récupérer ses deux fils, Noah et Samuel, nés de deux pères différents — a duré plusieurs années et l’a conduite à risquer sa vie.

Les origines

Karine Trapp se sépare du père de Noah en 2009, peu de temps après l’annonce de sa grossesse. Elle rencontre peu après le père de Samuel, né en 2014. Dès la grossesse, ce dernier s’est révélé violent, psychologiquement et physiquement, une situation qui n’a fait qu’empirer. En 2016, elle annonce à son conjoint sa volonté de quitter le domicile conjugal avec ses deux fils. 

Le retournement judiciaire

Les deux pères, devenus amis, ont multiplié les démarches pour lui retirer la garde des enfants, sur la base d’allégations mensongères. La plainte du père de Samuel a débouché sur la condamnation de Karine Trapp pour violences volontaires, car la cour d’appel a confirmé que la matérialisation des coups était suffisamment caractérisée, même si les photos en question n’avaient fait l’objet d’aucune vérification et n’étaient accompagnées d’aucun certificat médical. Elle est ainsi passée du statut de plaignante à celui de mise en cause. 

Le placement des enfants

La protection judiciaire de l’enfance a confirmé le placement de Noah et Samuel en mai 2017 chez leurs pères respectifs. Noah a ensuite été placé dans un foyer du Gard en décembre 2018 en raison du handicap de son père. Samuel, lui, vit chez son père dans un petit village de Lozère. Noah a menacé de se défenestrer au foyer et a écrit au juge son souhait de revenir à la maison. Quant à Samuel, il recommençait à faire pipi au lit. Pourtant, un rapport de la Protection Judiciaire de la Jeunesse préconise le retour de Noah auprès de sa mère. La réponse du chef de service du foyer Saint-Joseph d’Alès est révélatrice de l’état d’esprit ambiant : « Mme Trapp aura gagné ! » L’intérêt supérieur de l’enfant semble ainsi relégué au second plan.

La grève de la faim

Le 1er mars 2021, Karine Trapp entame une grève de la faim devant le tribunal d’Alès, rejointe par une autre mère, Laura Villot. Le 16 mars, sans aucune réaction de la justice, elle commence également une grève de la soif devant le tribunal de Nîmes. Au 46e jour de grève de la faim, Karine Trapp ne pesait plus que 40 kilos. Elle a été hospitalisée du 6 au 10 avril 2021, suite à un malaise et une perte de connaissance de 20 minutes.

Une lueur d’espoir

Le procureur de Nîmes, Éric Maurel, les a reçus — lui puis Karine — en promettant de faire rapidement réexaminer le dossier. Le 22 mars, très affaiblie et en danger de mort après 6 jours de grève de la soif et 22 jours de grève de la faim, Karine est reçue par le procureur, qui dit avoir étudié le dossier de Noah et promet une proposition prochaine. Elle suspend alors sa grève de la soif dans l’attente. Le 22 décembre 2021, la justice Noah à sa maman, qui a maintenant 16 ans, mais Samuel, 11 ans est toujours en insécurité chez son père instable. Karine avait des modes de visites mais c’est justement des droits qui font l’objet d’un jugement basé sur des justifications illégales : Samuel aurait peur de sa mère !!!!





LA SITUATION ACTUELLE ET URGENTE DE KARINE

En préambule, comprendre les enjeux :

Tribunal de Mende : Le plus petit tribunal de France : quand la justice manque de distance

Lorsqu’on évoque la justice française, on imagine souvent de grands palais de justice, des chambres spécialisées, des dizaines de magistrats et de nombreux avocats. À Mende, en Lozère, la réalité est tout autre. Le tribunal judiciaire est souvent présenté comme le plus petit de France. Cette particularité constitue-t-elle une force ou une faiblesse ? Les deux, sans doute.

Au cœur de la Lozère, département le moins peuplé de France métropolitaine avec environ 77 000 habitants, se trouve une anomalie judiciaire remarquable : le tribunal judiciaire de Mende, régulièrement présenté comme le plus petit tribunal de France. Une singularité qui dépasse la simple curiosité administrative et soulève une question fondamentale sur le fonctionnement de la justice dans les territoires ruraux : peut-on rendre une justice véritablement indépendante lorsque tous les acteurs judiciaires d’un territoire finissent par se connaître ?

Une structure réduite à son strict minimum

La réponse est d’abord démographique. Avec une population équivalente à celle d’un simple arrondissement de grande ville, la Lozère génère une activité judiciaire naturellement très limitée. Le tribunal de Mende fonctionne avec une poignée de magistrats du siège, un procureur de la République, un ou deux substituts et quelques greffiers — soit environ huit magistrats au total. À titre de comparaison, certains tribunaux français en comptent plusieurs centaines.

Parmi les magistrats identifiables publiquement ces dernières années figurent notamment Yves Gallego, président du tribunal depuis le début des années 2020, Valéry Morron, procureur de la République, Benjamin Gayet, vice-président, Philippe Chaptal, magistrat du siège, et Clara Gellf, juge aux affaires familiales en 2025.

La polyvalence : nécessité ou fragilité ?

Dans les grandes juridictions, chaque magistrat exerce une fonction précisément délimitée. À Mende, un même juge peut successivement ou simultanément endosser les rôles de juge d’instruction, juge aux affaires familiales, juge des enfants, juge des libertés et de la détention, juge des contentieux de la protection ou encore juge de l’application des peines.

Cette polyvalence est une nécessité liée à la taille de la juridiction. Elle entraîne cependant une concentration des responsabilités rarement observée ailleurs, avec des conséquences potentielles sur l’indépendance des décisions rendues.

Quand tout le monde finit par se connaître

C’est là que réside la principale difficulté. Autour des magistrats gravitent des greffiers, un nombre très réduit d’avocats, des experts psychiatres et psychologues, des éducateurs spécialisés et des travailleurs sociaux — dont certains interviennent sur les mêmes territoires depuis de nombreuses années.

C’est notamment le cas de M. Cano, chef de service au Comité de Protection de l’Enfance et l’Adolescence Gard-Lozère, seul organisme habilité à mener des mesures d’Action Éducative en Milieu Ouvert (AEMO) sur la Lozère, en poste depuis au moins 2017. Dans un département aussi peu peuplé, le renouvellement des intervenants est mécaniquement bien plus faible que dans les grands centres urbains.

Résultat : les magistrats travaillent quotidiennement ensemble, les avocats spécialisés sont peu nombreux, les experts judiciaires sont souvent les mêmes d’un dossier à l’autre, et les services sociaux collaborent régulièrement avec les mêmes juges. Bien entendu, cela ne signifie pas que les décisions sont partiales. Mais la Cour européenne des droits de l’homme rappelle régulièrement que la justice doit non seulement être impartiale — elle doit aussi apparaître comme telle.

Les affaires familiales : un terrain particulièrement sensible

Cette question est particulièrement aiguë dans les dossiers de protection de l’enfance, qui s’étendent souvent sur plusieurs années et font intervenir successivement le juge des enfants, le parquet, l’Aide sociale à l’enfance, des psychologues, des psychiatres et des éducateurs spécialisés. Dans une petite juridiction, le nombre limité d’intervenants augmente mécaniquement la probabilité de retrouver les mêmes acteurs d’une décision à l’autre — parfois sur une même famille, pendant des années.

Pour les familles concernées, cette situation peut nourrir un sentiment d’entre-soi institutionnel, de connivence implicite entre des professionnels qui partagent les mêmes réunions, les mêmes couloirs et parfois les mêmes cercles sociaux — même lorsqu’aucune faute individuelle n’est démontrée.

Distance et justice : un défi structurel

Les défenseurs des petites juridictions soulignent leurs atouts réels : proximité avec les réalités du terrain, réactivité, connaissance fine des contextes locaux. Leurs détracteurs estiment en revanche que la concentration des fonctions et la faible rotation des acteurs fragilisent structurellement la confiance des justiciables.

Le véritable défi du plus petit tribunal de France n’est donc peut-être pas celui de la compétence de ses acteurs. C’est celui de la distance — cette distance indispensable que la justice doit maintenir pour être non seulement juste, mais perçue comme telle. Et dans un département de 77 000 habitants où tout le monde finit par se connaître, cette distance est un bien rare et précieux.





Nîmes-Mende/Justice familiale : quand un dossier s’enlise pendant dix ans


« Toute Société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » Article 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen (1789)

Le 8 juillet, la cour d’appel de Nîmes rendra son délibéré dans l’affaire opposant Karine Trapp au père de son fils cadet. Derrière ce litige familial se dessinent des questions qui dépassent largement le cadre d’un conflit entre parents : respect du contradictoire, place de la parole de l’enfant, impartialité de la justice et évolution récente des droits des mineurs. Quid des violences conjugales, sur lesquelles aucune investigation n’a été mené, malgré l’existence de preuves, commencements de preuves, témoins jamais interrogés, et preuves qui auraient pu être recherchées à travers la téléphonie, des surveillances, des activités suspectes sur internet par exemple. 

Pendant plus de dix ans, le dossier n’a cessé de passer entre les mains des mêmes institutions judiciaires. Les décisions se sont succédé, les expertises aussi. Au fil des audiences, des liens se sont progressivement distendus : celui qui unit une mère à son plus jeune fils, mais aussi celui qui relie deux frères dont les trajectoires se sont peu à peu séparées.

Aujourd’hui, l’aîné vit avec sa mère. Le plus jeune, S., est sous la résidence exclusive de son père. Depuis plusieurs années, Karine Trapp demande une résidence alternée, estimant qu’elle répond davantage à l’intérêt de ses deux enfants. Elle sollicite également le rétablissement de ses droits de visite, récemment suspendus par une décision qu’elle dit ne pas comprendre, pas plus que son fils aîné.

À quelques jours du délibéré, une nouvelle inquiétude surgit. Selon elle, un élément apparu après la clôture de l’instruction pourrait néanmoins être retenu par la cour. Si cette crainte se confirmait, elle poserait une question fondamentale : une partie peut-elle répondre utilement à une pièce qu’elle n’a pas eu la possibilité de discuter ?

Le principe du contradictoire constitue pourtant l’un des piliers du procès équitable. Chaque partie doit pouvoir prendre connaissance des arguments et des pièces produites par son adversaire et disposer d’un délai suffisant pour les contester. Ce principe est consacré tant par le Code de procédure civile que par l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme, et fait partie intégrante des principes fondamentaux ayant valeur constitutionnelle.

Mais c’est un autre sujet qui cristallise aujourd’hui les interrogations : la place de l’enfant dans la procédure.

Le fils mineur a été entendu. Dans quelles conditions ? A-t-il reçu une information complète sur ses droits ? A-t-il été assisté d’un avocat exclusivement chargé de défendre ses intérêts ? Ou sa parole a-t-elle été recueillie, interprétée puis versée au dossier sans toutes les garanties permettant de s’assurer qu’elle était libre, éclairée et indépendante ?

Ces questions trouvent un écho particulier dans l’actualité législative.

Le 1er juillet 2026, une semaine seulement avant le délibéré attendu à Nîmes, le Parlement a adopté définitivement une proposition de loi renforçant le droit de chaque enfant à être assisté d’un avocat dans les procédures d’assistance éducative et de protection de l’enfance. Cette réforme, saluée comme une avancée majeure pour les droits des mineurs, affirme un principe simple : lorsqu’une décision judiciaire est susceptible de bouleverser durablement la vie d’un enfant, celui-ci doit pouvoir bénéficier d’une défense indépendante de celle des adultes qui s’opposent autour de lui.

Le texte ne s’applique pas directement aux procédures relatives à la résidence des enfants devant le juge aux affaires familiales. Il traduit cependant une évolution profonde de la justice française : reconnaître progressivement le mineur comme un véritable sujet de droit, dont la parole mérite d’être accompagnée, protégée et défendue. Et s’assurer que l’enfant soit réellement informé de ses droits. 

Dans ce contexte, une interrogation demeure dans l’affaire examinée par la cour d’appel de Nîmes : S. a-t-il effectivement bénéficié de toutes les garanties procédurales aujourd’hui considérées comme essentielles lorsque la justice est appelée à décider de son avenir ?

Depuis plusieurs années, psychologues, pédopsychiatres, magistrats et chercheurs alertent sur la difficulté d’apprécier la parole d’un enfant dans un contexte de séparation parentale très conflictuelle. Entre loyautés partagées, peur de blesser l’un de ses parents, influence consciente ou inconsciente de son environnement, distinguer une volonté libre d’une parole façonnée par les circonstances constitue un exercice particulièrement délicat. S. n’a que 11 ans, un âge où la parole reste facilement manipulable. 

Karine Trapp affirme craindre que son fils soit aujourd’hui sous une forme d’emprise psychologique qui altérerait sa capacité de discernement. Elle décrit une relation de dépendance affective qui, selon elle, s’est installée au fil des années. Cette appréciation est contestée par la partie adverse et n’a pas été établie judiciairement à ce stade de la procédure.

Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève une autre question, rarement abordée publiquement : comment garantir l’apparence d’impartialité dans les juridictions de petite taille ?

Dans ces territoires, magistrats, avocats, experts judiciaires, psychologues, enquêteurs sociaux et services éducatifs sont amenés à travailler ensemble pendant de longues années, parfois sur les mêmes dossiers. Cette proximité professionnelle ne remet évidemment pas en cause leur intégrité. Mais elle interroge un principe rappelé avec constance par la Cour européenne des droits de l’homme : la justice ne doit pas seulement être impartiale ; elle doit aussi apparaître comme telle aux yeux des justiciables.

Lorsque les mêmes intervenants reviennent, expertise après expertise, audience après audience, certains parents finissent par éprouver le sentiment d’un système qui se referme sur lui-même. Ce ressenti ne constitue évidemment pas la preuve d’un dysfonctionnement. Il interroge néanmoins la confiance que les citoyens accordent à l’institution judiciaire.

Le 8 juillet, la cour d’appel de Nîmes dira où vivra S. et dans quelles conditions il pourra retrouver sa mère ainsi que son frère aîné. Mais son arrêt sera également observé sous un autre angle : celui du respect effectif des garanties procédurales. Le contradictoire a-t-il été pleinement assuré ? Les droits procéduraux du mineur ont-ils été pleinement respectés ? L’ensemble de la procédure offre-t-il les garanties d’impartialité qu’une démocratie est en droit d’attendre de sa justice ?

Au-delà du destin d’une seule famille, cette affaire pose une question essentielle : à l’heure où le Parlement renforce les droits des enfants devant les juridictions, la justice familiale est-elle prête à leur reconnaître, dans toutes les procédures qui les concernent, une place véritablement autonome ?

Isa T.


Extrait de l’enquête : « Les acteurs de la justice familiale en France » (2026).



Merci à Isa T. pour son travail journalistique qui nous permet d’avoir un angle différent pour appréhender les enjeux de cette juridiction et ses soutiens aux mamans protectrices.