
INTRODUCTION :
Depuis la création de la Team FSociety, en juillet 2019, à l’initiative de Révo, nous avons été contactés par des victimes de pédocriminalité et leurs familles que nous avons aidées autant que nous le pouvions. A leur côté, nous avons assisté, avec colère et impuissance, à ce que vivent les parents protecteurs. C’est ce dont nous allons parler dans cet article, et plus précisément de la torture que vivent les enfants victimes d’inceste et leurs mamans protectrices.
La plainte est déposée, et dès lors, la suspicion systémique envers la mère devient la toile de fond. Les acteurs de la procédure interprètent la situation à travers le prisme du conflit parental, qu’il y ait séparation ou non. La mère est soupçonnée d’instrumentaliser son enfant et est accusée d’être aliénante. Et voilà le fameux « syndrome d’aliénation parentale (SAP)« , encore cité bien qu’il ne repose sur aucune base scientifique. Elle vise à discréditer la parole de la mère et ainsi invalider le témoignage de l’enfant. Cela entraîne une inversion grave : la protectrice devient suspecte, et parfois accusée, sans même toute investigation sérieuse.
La maman se retrouve catapultée dans un milieu inconnu où elle se verra confronter à divers protagonistes dont il est difficile de connaître le rôle précis : les enquêteurs, le juge des affaires familiales, le juge des enfants, les experts, les médecins, les administrateurs ad hoc, l’Aide Sociale à l’Enfance etc…
Ce qui est prioritaire pour l’enfant, c’est d’être protégé, mais très souvent, pour ne pas dire systématiquement le droit de garde du père n’est pas suspendu le temps de l’enquête et l’enfant est mis en danger en continuant à être exposé à son agresseur présumé. Que faire ? Ne pas respecter ces droits et être coupable de non-représentation d’enfant ? C’est le cruel dilemme de la maman qui veut protéger son enfant car ensuivra une condamnation ou le placement à l’Aide Sociale à l’Enfance.
Un véritable étau dans lequel sont pris au piège l’enfant et sa mère. Leur état émotionnel se dégrade, progressivement, souvent invisible de l’extérieur, et profondément déstabilisant de l’intérieur. L’impression de se sentir impuissant face à des institutions qui agissent en dépit de leur rôle premier : protéger l’enfant. Elles multiplient les recours et les procédures pour se sortir de cette situation, devenant parfois autonomes pour les rédiger, mais en vain. Cela s’appelle le contrôle coercitif et la torture.
Il existe un collectif de mères protectrices qui a saisi l’ONU justement pour faire reconnaître ce que vivent ces mamans et leurs enfants, comme de la TORTURE.
Nous apportons notre soutien à ce collectif que nous souhaitons ici mettre à l’honneur.
PRÉSENTATION DU COLLECTIF MÈRES FRANÇAISES POUR LA JUSTICE
Mères françaises pour le justice est un collectif de mamans et de familles protectrices, de professionnels engagés pour la défense des enfants victimes d’inceste et de leur mère et parents protecteurs en France.
Composé entre autres :
- Alix Moreau : Auteure et témoin engagée, elle documente et analyse le traitement répressif des mères protectrices par la justice française. À travers ses écrits, elle met en lumière les mécanismes institutionnels qui privent les enfants de protection et exposent les mères à des représailles judiciaires.
- Moussia Peresse : Lanceuse d’alerte sur les persécutions des enfants victimes et des familles protectrices perpétrées par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans le cadre des instructions pénales pour inceste, dénonçant les mesures coercitives sur les libertés fondamentales, le harcèlement et les conflits d’intérêts.
- Sihem Ghars : Fondatrice du collectif Incesticide France et initiatrice de l’appel des 500 mamans.
- Christophe Peschoux : Ancien haut fonctionnaire du Haut-commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme.

Le collectif s’est donné pour mission de saisir le Comité contre la torture de l’ONU pour que l’inceste paternel et les violences institutionnelles qui s’ensuivent soient reconnus comme une forme de torture au sens de la Convention internationale que la France a signée et ratifiée. Leur but a été d’attirer l’attention du Comité des Nations Unies contre la torture sur cette double violence que constitue cet abus de pouvoir infligé par des pères pour la plupart à des enfants, et son traitement, qui en est le prolongement, par les institutions judiciaires, médicales et sociales chargées en principe de leur protection.

L’ objectif de Mères françaises pour la justice était de contribuer à réparer une injustice humaine et sociale massive qui affecte des centaines de milliers d’enfants et de familles en France et pourrait être réduite si une volonté politique de la part de l’État existait réellement. Pour la rédaction de la saisine, elles se sont fait accompagner de Christophe Peschoux, un ancien haut fonctionnaire du Haut-commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme. Ils ont détaillé de façon minutieuse ce que vivent les mères protectrices.
Elles ont eu le soutien de Christian Baptiste, ancien maire de Saint-Anne et depuis 2022 député de Guadeloupe. Il est très sensibilisé sur le sujet de l’inceste et a déposé fin octobre 2025 une proposition de résolution (PPR) pour créer une commission d’enquête sur le traitement judiciaire de l’inceste. Un article du journal Le Monde en a parlé.
« Il est essentiel de rendre visible cette problématique qui existe et qui reste taboue », a déclaré Christian Baptiste à l’Agence France-Presse
Pour prendre connaissance du travail qualitatif de French Mother for justice. Vous pouvez accéder à la saisine : Cliquez ici
Victoire pour Mères françaises pour la justice !
L’ONU reconnait la torture et donne des recommandations :L’État Partie devrait :
- a) Garantir que toutes les allégations d’abus sexuels incestueux à l’égard des enfants font l’objet d’enquêtes rapides, impartiales et approfondies et que les auteurs présumés sont dûment poursuivis et, s’ils sont reconnus coupables, condamnés à des peines proportionnées à la gravité de leurs crimes, en supprimant les délais de prescription applicables aux abus sexuels sur enfants
- b) Veiller à ce que les mères « protectrices » ne soient pas revictimisées et ne fassent pas l’objet de sanctions injustifiées, et que les enfants victimes d’abus sexuels incestueux aient accès à des voies de recours et des mesures de soutien appropriées et soient indemnisés de manière adéquate
- c) Renforcer la formation et la sensibilisation des professionnels de la justice, de la police et des services sociaux en matière de détection, de prise en charge et d’accompagnement des victimes d’inceste et de leurs proches.
Pour connaître l’entièreté de la réponse de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants cliquez ici


LA LOI PERRINE GOULET :
Au regard du travail minutieux et de l’expertise fine du collectif MÈRES FRANÇAISES POUR LA JUSTICE basée sur leurs expériences vécues dans leur chair, elles avaient la légitimité de porter un regard analytique sur la loi de Perrine Goulet.
L’Assemblée nationale a adopté en première lecture, le jeudi 29 janvier 2026, la proposition de loi « relative à l’intérêt des enfants ». Porté par Perrine Goulet (Les Démocrates), le texte prévoit notamment un renforcement des contrôles dans les établissements de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et la création d’une ordonnance de protection immédiate pour mettre à l’abri en urgence les enfants victimes d’un parent.
Voici les analyses de cette loi :
Dans la loi, Perrine Goulet demande une ordonnance de sûreté :
Pourquoi le collectif estime que c’est un risque majeur pour les enfants :
La création d’une ordonnance de sûreté ou ordonnance de protection provisoire visant à éloigner un parent violent peut sembler en apparence conforme à l’intérêt supérieur de l’enfant.
Mais dans le contexte actuel du traitement institutionnel des violences intrafamiliales en particulier des violences sexuelles incestueuses ce dispositif fait peser un risque systémique grave.
Ce risque ne tient pas à l’intention du législateur mais au biais structurel déjà documenté dans la réception des signalements notamment lorsqu’ils émanent des mères.
Un pouvoir dangereux et mal encadré :
Confier au procureur de la République le pouvoir :
- d’éloigner un parent
- d’attribuer le logement familial
- avant tout contrôle juridictionnel effectif.
Le parquet n’est pas une juridiction indépendante mais une autorité de poursuite hiérarchisée.
Dans un système où la dénonciation est perçue comme conflictuelle plutôt que protectrice l’éloignement peut viser le parent protecteur au bénéfice du parent mis en cause.
La loi propose le dispositif du contrôle judiciaire différé. Mais cela ne suffit pas !
Dans la loi il n’y a :
- aucune exigence probatoire renforcée
- aucun contradictoire effectif immédiat
- des décisions provisoires qui produisent des effets irréversibles.
Cela ouvre la voie à une triple peine juridiquement organisée :
- disqualification de la parole du parent protecteur
- atteinte au lien via la protection de l’enfance
- éviction du domicile par décision non juridictionnelle
Le collectif Des Mères françaises pour la justice appel à :
- un contrôle immédiat par un juge du siège
- des garanties procédurales renforcées
- l’interdiction explicite des concepts non validés scientifiquement
- la protection réelle de l’enfant, pas du système
Pour en savoir plus sur les changements indispensables de la loi Perrine Goulet analysés par Les Mères Françaises pour la Justice : compte Instagram
#Fsociety
