
Le 6 août 2024, Kevin, 40 ans, a été mis en examen et incarcéré pour détention et diffusion de matériel pédopornographique et pour agression sexuelle sur mineure. Au moment de son arrestation il habitait la commune de Fenouillet, dans le département de la Haute Garonne. Il proposait de louer des gîtes pour abuser des petites fille de son excompagne, mise en examen également.
Le tribunal a condamné Kevin à 3 ans de prison dont 20 mois ferme, avec maintien en détention. Le reste est assorti d’un sursis probatoire pendant 2 ans avec interdiction de contact avec des mineurs pendant 5 ans et les victimes pendant 3 ans. Il est inscrit au fichier des délinquants sexuels.
RETOUR SUR LES FAITS :
L’enquête débute suite à une dénonciation, début août 2025, d’un « pédophile repenti » qui discutait sur un forum de discussions d’hommes qui se réunissait pour échanger les policiers de la brigade des mineurs de Paris collectent de précieux renseignements à propos d’un individu inquiétant.
Au moment de son arrestation, Kevin est en couple avec Sophie. Ils se sont rencontrés sur l’application de rencontre TINDER début 2024. Elle est célibataire et maman d’un petit garçon de 7 ans et lui est papa d’une adolescente de 13 ans. Kevin lui raconte le traumatisme du suicide de son père gendarme, alors qu’il a 14 ans, le propulsant au rang de chef de famille. Il passe par un peu de délinquance et finalement retrouve le droit chemin. Après le bac, Kevin travaille un temps dans une entreprise de sécurité ferroviaire, puis comme commercial pour un pressing de Toulouse. Il confie à Sophie son passé de dragueur compulsif et de manipulateur. Il lui assure que tout est fini qu’elle est celle qui le fera être un gentil compagnon. Il se dit « prêt à repartir de zéro », à vivre une « vraie vie de couple » dans une « relation durable ». C’est dans ces échanges que Sophie a été attendri par Kevin. C’est lui qui insiste pour se voir en vrai. Tout se passe bien et Kevin lui dit être prêt à tout quitter pour la rejoindre chez elle, dans le département du Lot. Sophie est ravie et fin avril, il quitte son boulot et s’installe avec elle, dans sa grande maison isolée, à la sortie d’un village. Tout se passe très bien.
Kevin s’entend très bien avec le fils de Sophie avec qui il multiplie les activités à deux, la pêche et la pétanque. La fille de Kevin séjourne dans la maison lors des week-end de garde. Kevin aime jouer à la PlayStation la nuit quand Sophie dort.
L’ENQUÊTE :
Après la dénonciation, les policiers de la Brigade des mineurs de Paris, sont sur la piste de Kevin. Ils retrouvent le site web où un internaute anonyme proposait de louer des gîtes ruraux discrets pour y échanger des fillettes et abuser d’elles…
Son texte était accompagné de plusieurs photos de gamines de moins de 10 ans photographiées sous la douche dans des positions suggestives. Simple fantasme d’obsédé sexuel ou réel trafic de mineures ?
Le dossier est ensuite transmis à la compagnie de gendarmerie Toulouse Saint-Michel, en charge du secteur d’où semble provenir l’adresse IP de Kevin. Quatre jeunes victimes de 6, 10, 11 et 13 ans sont identifiées. Leurs pères ont déposé plainte. Kevin a été arrêté le mardi 6 août par les gendarmes de la brigade de recherches dans le secteur de Saint-Jory. Dès le début, ils découvrent aussi de nombreuses réservations de gîtes à travers la France. S’agit-il de lieux de rencontres entre pédophiles pour y échanger des fillettes, comme cet homme le revendique sur le web ? Existe-t-il un « réseau structuré » ?
Concernant les activités de Kevin sur le web à la recherche de jeunes mamans, il les cible souvent esseulées et en manque de repères. Des femmes sur lesquelles il aurait exercé une véritable emprise sexuelle et psychologique. L’une d’elles lui fournit même des photos de ses filles, âgées de 6 et 10 ans, dans des positions compromettantes. Des clichés ensuite échangés à d’autres pervers pour alimenter les conversations et autres fantasmes. Elle a été aussi mise en examen et jugé par le Tribunal de Toulouse en même temps que Kevin.
L’AUDIENCE :
Lors de l’audience, les révélations d’installation d’ appli de caméra cachée dans la salle de bains, des photos volées de leur anatomie lorsqu’elles dorment à la maison. Des éjaculations sur le corps durant leur sommeil. Sa semence donnée à boire à une gamine dans une gourde.
Le tribunal a condamné Kevin à 3 ans de prison dont 20 mois ferme, avec maintien en détention. Le reste est assorti d’un sursis probatoire pendant 2 ans avec interdiction de contact avec des mineurs pendant 5 ans et les victimes pendant 3 ans. Il est inscrit au fichier des délinquants sexuels.
La maman, co accusée, a écopé d’un an de prison avec sursis et interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs pendant 5 ans.
Kevin ne fera que 20 mois de prison. Il sortira début 2027.
L’avocate de Kevin : Maître Elisabeth Gomez
L’avocat de la maman : Maître Jean Balbo
#Fsociety
